Les prix du pétrole sous pression après des signes d’assouplissement du blocus du détroit d’Ormuz Les prix du pétrole ont reculé de plus de 1 % mardi, après une hausse pouvant aller jusqu’à 6 % lors de la séance précédente. Ce repli fait suite à des indications selon lesquelles la marine américaine parvient à desserrer partiellement le blocus iranien du détroit d’Ormuz, ce qui a quelque peu atténué les inquiétudes concernant des perturbations de l’approvisionnement en pétrole en provenance du Moyen-Orient. Les États‑Unis ont lancé lundi une nouvelle opération visant à rouvrir ce passage maritime stratégique à la navigation commerciale. Le groupe maritime Maersk a indiqué par la suite que le navire transporteur de véhicules Alliance Fairfax, battant pavillon américain, avait quitté le Golfe en empruntant le détroit d’Ormuz sous escorte de l’armée américaine. Vers 03h23 GMT, les contrats à terme sur le Brent pour livraison en juillet reculaient de 1,22 dollar (‑1,1 %) à 113,22 dollars le baril, après une hausse de 5,8 % lundi. Le pétrole brut américain West Texas Intermediate (WTI) perdait 2,02 dollars (‑1,9 %) à 104,40 dollars le baril, après avoir gagné 4,4 % la veille. Selon Tim Waterer, analyste en chef des marchés chez KCM Trade, la sortie réussie et sécurisée du navire exploité par Maersk a contribué à apaiser les craintes immédiates de graves interruptions de l’approvisionnement. « Cela montre qu’un passage limité et sécurisé est possible dans les conditions actuelles. Cela écarte les scénarios les plus pessimistes, même s’il ne s’agit pas encore d’une réouverture complète du détroit », a‑t‑il déclaré. Les tensions restent toutefois élevées. L’Iran a mené lundi des attaques dans le Golfe en réponse à l’opération américaine. Selon certaines informations, plusieurs navires commerciaux ont été touchés et un important terminal pétrolier des Émirats arabes unis a pris feu à la suite d’une attaque iranienne. L’intervention américaine pour sécuriser la navigation est considérée comme la plus forte escalade depuis le cessez‑le‑feu décrété il y a quatre semaines. Le détroit d’Ormuz est vital pour les marchés mondiaux de l’énergie : en temps normal, des volumes de pétrole et de gaz représentant environ 20 % de la demande mondiale quotidienne y transitent. L’Iran avait largement fermé le détroit après que les États‑Unis et Israël ont engagé une nouvelle phase du conflit fin février. Certains analystes attribuent la baisse de mardi à des prises de bénéfices après la forte envolée des prix ces derniers jours. « Cela ressemble davantage à une correction technique qu’à un changement fondamental des conditions de marché », estime Priyanka Sachdeva, analyste senior chez Phillip Nova. Selon elle, la prime de risque géopolitique liée au détroit d’Ormuz reste élevée, ce qui limite le potentiel de baisse des prix du pétrole. Lundi, le PDG de Chevron, Mike Wirth, a averti qu’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz entraînerait inévitablement des pénuries physiques sur le marché pétrolier mondial. De son côté, Goldman Sachs a indiqué que les stocks mondiaux de pétrole se rapprochent désormais de leur plus bas niveau en huit ans. En raison des perturbations persistantes, le rythme de dépletion des stocks devient, selon la banque, particulièrement préoccupant.