Les cours du pétrole baissaient lundi, mais une attaque sur un site militaire iranien ainsi que l’approche de l’embargo sur l’or noir russe pourraient faire rebondir les prix.

Vers 16H55 GMT (17H55 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars cédait 1,43% à 85,42 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois, cédait quant à lui 1,48% à 78,50 dollars.

Si les prix restaient quasi-immobiles lundi, plusieurs acteurs du marché s’inquiétaient des suites possibles après une attaque de drones contre un site militaire à Ispahan, grande ville du centre de l’Iran, dans un contexte de tensions liées au dossier nucléaire.

« Le risque d’escalade du conflit pourrait conduire à des perturbations dans le détroit d’Ormuz, par lequel passe 20 millions de barils par jour », préviennent les analystes de Goldman Sachs.

« En cas d’absence d’escalade visible, les prix devraient toutefois rester calmes », ajoutent-ils.

Autre risque géopolitique qui pourrait faire monter les cours, l’embargo de l’UE et le plafonnement des prix par les pays riches du G7 sur les produits pétroliers russes entreront en vigueur dimanche.

« Jusqu’à présent, les exportations russes se sont maintenues », note Mark Haefele, analyste chez UBS, mais « nous pensons qu’il va devenir de plus en plus difficile pour la Russie de compenser la perte des clients européens ».

La production russe devrait donc selon UBS diminuer à moins de 9 millions de barils par jour en 2023, contre plus de 10 millions début 2022 et 9,77 millions en décembre.

La guerre menée par la Russie en Ukraine devrait avoir un effet de longue durée sur le marché de l’énergie, entre diminution de l’offre et croissance plombée.

De son côté, le géant énergétique britannique BP a diminué de 2,3% ses prévisions de consommation énergétique en 2035 dans le monde par rapport à celles publiées l’an passé.

La demande mondiale de pétrole pourrait atteindre 93 millions de barils par jour en 2035, soit 5% moins que BP ne le prévoyait en 2022.

Du côté du gaz, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence du marché européen, grimpait de 2,30% à 56,70 euros le mégawattheure (MWh).

« La consommation de gaz a rebondi », les températures s’étant refroidies en Europe après un début d’hiver clément, commente Mark Cus Babic, analyste chez Barclays.