Tendance du marché le 16 avril 2026
Le pétrole stagne, le marché doute de l’issue des pourparlers entre Washington et Téhéran sur le détroit d’Ormuz Les cours du pétrole ont peu évolué jeudi, effaçant leurs pertes initiales, sur fond de scepticisme quant à la capacité des négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran à déboucher sur un accord. Le conflit actuel continue de paralyser la production de brut dans cette région clé du Moyen-Orient. Vers 04h27 GMT, le contrat à terme sur le Brent progressait de 9 cents à 95,02 dollars le baril. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) gagnait quant à lui 44 cents pour s’établir à 91,73 dollars le baril. Mercredi, les deux indices de référence avaient clôturé sans grand changement au terme d’une séance marquée par une forte volatilité. Le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran a provoqué la plus importante perturbation jamais enregistrée des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Téhéran a en effet interrompu le trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ 20% des flux mondiaux de brut et de gaz naturel liquéfié. “Bien qu’il y ait des espoirs de désescalade, de nombreux investisseurs restent sceptiques, car les discussions entre les États-Unis et l’Iran ont échoué à plusieurs reprises par le passé, même après avoir semblé progresser”, a déclaré Toshitaka Tazawa, analyste chez Fujitomi Securities. “Tant qu’un accord de paix n’aura pas été conclu et que la libre navigation dans le détroit n’aura pas été rétablie, les cours du WTI devraient continuer de fluctuer dans une fourchette comprise entre 80 et 100 dollars”, a-t-il ajouté. Les analystes d’ING estiment qu’environ 13 millions de barils par jour de flux pétroliers sont actuellement bloqués par la fermeture du détroit, en tenant compte des détournements par oléoducs et du faible nombre de pétroliers ayant réussi à franchir ce point de passage, précisent-ils dans une note publiée jeudi. Avec le blocus des ports iraniens annoncé par les États-Unis après l’échec des pourparlers le week-end dernier, ces perturbations pourraient s’accentuer. “Le marché physique se tend chaque jour un peu plus tant que les flux ne reprennent pas via le détroit d’Ormuz”, soulignent les analystes d’ING. Une source informée par Téhéran a déclaré à Reuters que l’Iran pourrait envisager de laisser les navires naviguer librement du côté omanais du détroit d’Ormuz si un accord était trouvé pour éviter une reprise des hostilités, après le cessez-le-feu de deux semaines débuté le 8 avril. Les responsables américains et iraniens envisagent un retour au Pakistan pour de nouvelles discussions dès le week-end prochain. Le chef de l’armée pakistanaise est arrivé à Téhéran mercredi en qualité de médiateur pour tenter d’empêcher une reprise du conflit. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré mercredi que Washington ne renouvellerait pas les dérogations qui permettaient l’achat de certains pétroles iraniens et russes sans s’exposer aux sanctions américaines. Signe de la tension sur l’offre mondiale de brut et de produits raffinés, les stocks américains de pétrole, d’essence et de distillats ont diminué la semaine dernière, a annoncé mercredi l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Cette baisse s’explique par un recul des importations et un bond des exportations pour répondre aux besoins des pays cherchant des barils de substitution aux flux interrompus.

